Dans la scène quatre du premier acte de la comédie Emilia Galotti (1772), le poète, dramaturge et essayiste allemand Gotthold Ephraim Lessing met dans la bouche de la protagoniste de l’œuvre une question qui résonnerait plus de cent ans plus tard avec force dans la tête de Freidrich Nietzche. Il s’agit de savoir si Rafael aurait été le plus grand des génies picturaux comme on le considérait à cette époque, si il avait eut le malheur de naitre sans mains. Emilia Galotti est convaincu que oui, ce qui aura une grande importance et répercutions dans l’art moderne.

Nietzche se souvenait de l’épisode, dans un passage de la neuvième section de Au-delà du bien et du mal, dédié au problème de ceux attendent, où il arrive aussi à se demander si le Rafael sans mains, dans le sans le plus ample, ne serait pas moins exception que règle dans le royaume du génie, car “il faut un coup de chance, en plus d’un nombre incalculable de choses, pour qu’un homme supérieur, dans lequel somnole la solution à un problème, arrive à agir à un moment encore opportun”. C’est-à-dire que l’homme peut agir trop tard, ou agir à temps par hasard.
Nous ignorons si à l’intérieur du photographe et cinéaste espagnol Guillermo Fernandez Lopez Zuñiga (1909-2005), biologiste de formation et père du cinéma scientifique espagnol, se trouvait en léthargie la solution à un problème essentiel. Mais récemment nous avons apprit qu’un monumental fichier photographique et documentaire fait par lui sur la Guerre Civile espagnole, comparable rn qualité selon les experts du Ministère de la Culture, à celui de Robert Capa, qui inclut des cartes, des dossiers, des films et des négatifs de milliers de photos qui ont attendues plus de soixante ans pour être découvertes dans des boites couvertes de poussière et rangées secrètement dans un premier temps dans la maison de Zuñiga puis après sa mort à l’ASECIC, l’Association Espagnole de Cinéma et Image Scientifique que lui-même fonda en 1966. Et c’est là qu’intervient le hasard, car sa fille Teresa, accablée par le poids d’autant de souvenirs et sans savoir que faire avec cette énorme quantité de matériel, fut sur le point de tout jeter à la poubelle avant de penser à tout donner à l’Association.
Sa valeur est inestimable, car Zuñiga, proche politiquement au PCE, fut présent avec son inséparable appareil photo dans les événements les plus importants de cette période, depuis la proclamation de la République jusqu’aux derniers jours de la Guerre Civile. Parmi les exceptionnels documents de cet héritage, qui est entrain d’être soigneusement catalogué par le Centre d’Études de Migrations et Exiles (CEME) de l’UNED, et dont Teresa continue de trouver des nouvelles boites dans la maison de son père, se trouve une splendide série de photos du mythique Congres de l’Alliance des Intellectuels Antifascistes pour la Défense de la Culture, qui eut lieu à Valence en 1937.
Paul Oilzum
L’esprit antifasciste de la ville a souffert depuis ce temps là l’attaque d’ennemis puissant dans les dernières années, mais si tu loue un des appartements à Valence tu pourras vérifier que l’espérance d’un monde meilleur perdure encore dans certain de ses quartiers, comme le fait la beauté ineffaçable de l’un des joyaux de la méditerrané.
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